Oiseau mange insectes
Extraits du "Langage des oiseaux" Attâr

Demande d’un dix-septième oiseau

Un autre oiseau dit à la huppe :

« Tant que je serai vivant, l’amour de l’Être éternel me sera cher et agréable.
Séparé de tout, je réside loin de tout... mais je n’abandonne pas la pensée d’aimer cet Être mystérieux.
J’ai vu toutes les créatures du monde, et, bien loin de m’attacher à quelqu’une, je me suis détaché de toutes.
La folie de l’amour m’occupe seule et me suffit.
Une telle folie ne convient pas à tout le monde.
J’applique mon âme à l’amour de cet ami ; mais ma recherche est vaine.
Le temps est venu où je dois tirer une ligne sur ma vie, afin de pouvoir partager la coupe de vin de mon bien aimé.
Alors je rendrai lumineux par sa beauté l’oeil de mon coeur, et ma main touchera son cou en gage d’union. »
« Ce n’est ni par des prétentions, ni par des vanteries, répondit la huppe, qu’on peut devenir commensal du Simorg au Caucase.
N’exalte pas tant et si amplement l’amour que tu crois ressentir pour lui, car il n’est pas donné à tout le monde de le posséder. Il faut que le vent du bonheur s’élève pour écarter le voile de la face de ce mystère.
Alors le Simorg t’attirera dans sa voie... et il te fera asseoir tout seul dans son harem.
Si tu as la prétention d’aller en ce lieu sacré, n’oublie pas que ton soin principal doit être d’arriver au sens des choses spirituelles ; car ton amour pour le Simorg ne serait pour toi qu’un tourment sans réciprocité.

Il faut pour ton bonheur que le Simorg t’aime lui-même. »

Moucharabieh
Oiseau la huppe
Textographie Simorg
Textographie Simorg
Voliere du Simorg