Oiseau mange insectes
Extraits du "Langage des oiseaux" Attâr

Mise en route

Lorsque tous les oiseaux eurent entendu cette histoire ils se décidèrent à renoncer eux aussi à la vie.

La pensée du Simorg enleva le repos de leur coeur ; son unique amour remplit le coeur des cent mille oiseaux.
Ils firent le projet de se mettre en route, projet louable, pour lequel ils se préparèrent promptement.

Tous dirent : « Actuellement il faut nous procurer avec notre argent un guide pour nouer et dénouer.
Il nous faut un conducteur pour notre route, parce qu’on ne peut agir d’après ses propres idées.
Il faut un excellent administrateur en un tel chemin dans l’espoir qu’il puisse nous sauver de cette mer profonde.
Nous obéirons de coeur à ce guide ; nous ferons ce qu’il dira, bon ou mauvais, pour qu’à la fin notre boule tombe, loin de cette place de vanterie, dans le maillet du Caucase.
L’atome joindra ainsi le majestueux soleil ; l’ombre du Simorg tombera sur nous. »

A la fin les oiseaux dirent :

" Puisque nous n’avons pas de chef reconnu tirons au sort, c’est la meilleure manière. Celui sur qui tombera le sort sera notre chef ; il sera grand parmi les petits. »

Lorsque ce tirage au sort fut résolu, le coeur des oiseaux impatients reprit de la tranquillité.
En effet, quand la chose fut décidée, l’effervescence se calma, et tous les oiseaux restèrent silencieux.
Ils tirèrent donc au sort d’une manière régulière, et le sort tomba sur la huppe aimante.
Tous l’acceptèrent pour guide et résolurent de lui obéir, jusqu’à exposer leur vie, quelque chose qu’elle commandât.

Tous dirent alors d’un commun accord :

« La huppe est désormais notre chef, notre guide et notre conducteur dans cette voie.
Nous recevrons ses ordres, et nous lui obéirons ;
nous n’épargnerons, pour lui être agréables, ni notre âme, ni notre corps. »

Lorsque la huppe entreprenante arriva après sa nomination, on mit la couronne sur sa tête.

Cent mille oiseaux accoururent dans le chemin ; ils étaient en si grand nombre qu’ils cachaient la lune et le poisson.

Lorsqu’ils aperçurent, du chemin, l’entrée de la première vallée, ils s’envolèrent de frayeur jusqu’à la lune.
La terreur de ce chemin s’empara de leur âme, un feu ardent s’empara de leur coeur.
Ils soulevèrent tous à l’envi leurs plumes, leurs ailes, leurs pattes, leur tête.
Tous, dans leur intention pure, renoncèrent à la vie ; en effet, leur tâche était lourde et le chemin long.

C’était un chemin où l’on ne pouvait avancer et où, chose étonnante ! il n’y avait ni bien ni mal.
Le silence et la tranquillité y régnaient ; il n’y avait ni augmentation, ni diminution.

Cependant un des oiseaux demanda à la huppe :

« Pourquoi ce chemin est-il désert ? »

La huppe lui répondit :

« C’est à cause du respect qu’inspire le roi, à la demeure duquel il conduit. »

Moucharabieh
Oiseau la huppe
Textographie Simorg
Textographie Simorg
Voliere du Simorg