Oiseau mange insectes
Extraits du "Langage des oiseaux" Attâr

Le Hibou

Le hibou vint ensuite d’un air effaré et dit :

« J’ai pour ma demeure une maison délabrée. Je suis faible je suis né dans les ruines, et je m’y plais ; mais non pour boire du vin.
J’ai bien trouvé des centaines de lieux habités ; mais les uns sont dans le trouble, les autres dans la haine.
Celui qui veut vivre en paix doit aller, comme l’ivrogne, parmi les ruines.
Si je réside tristement au milieu des ruines, c’est parce que c’est là que sont cachés mes trésors...
L’amour de ces trésors m’a ainsi conduit dans les ruines, car ce n’est qu’au milieu d’elles qu’ils existent.
Là je cache à tout le monde ma sollicitude, dans l’espoir de trouver le trésor, celui qui ne soit pas défendu par un talisman.
Si mon pied rencontrait un tel trésor, mon esprit désireux serait libre.
Je crois bien que l’amour envers le Simorg n’est pas aussi fabuleux, car il n’est pas ressenti des insensés comme moi ; mais je suis loin de me tenir ferme dans l’amour, je n’aime que mes trésors et mes ruines. »

La huppe lui dit :

« 0 toi qui es ivre de l’amour des richesses ! supposons que tu parviennes à trouver LE trésor ; eh bien ! tu mourras sur ce trésor, et ta vie se sera ainsi écoulée sans avoir atteint le but élevé qu’on doit tous se proposer.
L’amour de l’or est le propre des mécréants. Celui qui fait de l’or une idole est un autre "fou".
Adorer l’or, c’est de l’infidélité ; ne serais-tu pas par hasard de la famille de l’Israélite qui fabriqua le veau d’or ?.
Tout coeur qui est gâté par l’amour de l’or ou de l’idole aura la physionomie altérée, comme une monnaie fausse, au jour de la résurrection. »

Moucharabieh
Oiseau la huppe
Textographie Simorg
Textographie Simorg
Voliere du Simorg